jeudi 21 mars 2013


Les mauvais choix des dirigeants français


En reprenant l’évolution du PIB en France depuis 2008, le chiffre de 0,4%/an en moyenne reste « flat » comparé aux 2,4%/an sur la période 2002-2008 (soit +452 Mds€) et aux 3,2%/an entre 1992 et 2002 (+441Mds€) (source Eurostat) mais correspond aussi à une évolution somme toute prévisible de l’économie française par l’introduction en janvier 2002 d’une monnaie de 6 fois supérieure à celle de son économie! Si en effet nous nous reportons aux chiffres de l’Eurozone sur les mêmes périodes, la monnaie unique a eu un impact sur le PIB global de -1,3%/an en moyenne depuis 2008 et de 0,9%/an depuis 2003 à l’exception de l’Allemagne dont le PIB évolue à + 2,9%/an depuis 2008 et à + 1,24%/an en moyenne depuis 2003 !!!!
Le PIB étant une valeur toute relative incluant d’une part les revenus des acteurs économiques nationaux et non nationaux mais également ceux des personnes publiques (en soit plus délicat à mesurer), l’évaluation optimum d’une économie tient in fine à l’étude de sa balance commerciale.

La balance française des biens et services est atone voire déficitaire depuis pratiquement une dizaine d’années. Il faut remonter à 2004 pour avoir une balance positive à +9Mds€, celle-ci étant négative depuis culminant en 2012 à -43Mds€ (dont une perte de 10Mds€ entre 2010 et 2012!) et nonobstant des facteurs positifs tels que la baisse de l’Euro (passant de 1,59USD en 2008 à 1,35USD en 2013) et du brut (cours du Brent de 140USD en 2008 à 108USD en 2013) soit un déficit pour les marchandises de -60Mds€ en 2012 et ce, malgré un excédent des services de + 18Mds€ (contrairement à l’Allemagne déficitaire de -24Mds€ !), excédent se retrouvant à l’échelle de l’Euro-zone à +98Mds€, montant culminant à +252Mds€ (biens et services) principalement portée par l’Allemagne (+152Mds€). 

Ces simples constats révèlent la prégnance de l’Allemagne portant par son industrie la balance commerciale européenne au contraire de la France ayant opté pour l’abandon conscient de ses usines et pour une économie de services faiblement créatrice d’emplois valorisés voire valorisants (pour faire simple « on quitte Renault ou Valeo pour McDonald ou Manpower » !).

Ces chiffres soulignent par ailleurs la mauvaise direction de nos entreprises (multinationales notamment) avérée d’une part par la médiocrité des échanges extérieurs des années avant l’entrée de la France dans l’Euro-zone et d’autre part par l’adoption idéologique (cf l’amitié franco-germanique) d’une monnaie appréciée de six fois la valeur de notre économie, la preuve étant une balance des marchandises à -1,50%/an PIB contre +6,75%/an PIB pour l’Allemagne entre 2000 et 2011 (in fine +0,6%/an PIB pour l’Euro-zone).

Le PIB de la France est donc stagnant car le ressort de la croissance à savoir le commerce des marchandises reste déficitaire. Tant que les domaines couverts par l’industrie se rétréciront, des barrières douanières aux frontières sur les produits importés n’y feront rien. Même si la question de la monnaie reste importante, elle n’est que secondaire dans une politique surréaliste prônant la tertiarisation de notre économie. Une dévaluation permettrait certes d’améliorer à la marge la compétitivité-prix mais n’éludera pas les décisions de réinvestissements productifs autrement dit la question de la valeur ajoutée.

Les recommandations de baisses de coûts du travail (charges patronales, salaires, flexibilité du contrat CDI) ne sont en fait que des prétextes de reconstitution des marges perdues par la baisse de compétitivité d’un capital productif assis sur des options financières à court terme de retour sur investissement encouragées non seulement par les établissements financiers bailleurs de fonds mais aussi par le double abandon par l’Etat de ses prérogatives d’orientation de politiques industrielles et de son rôle de correcteur des inégalités au profit des classes populaires et moyennes,  une répartition des richesses se traduisant désormais par une fiscalité de moins en moins progressive et une baisse de la dépense publique.

La France ne peut se permettre à l’instar des USA d’un déficit commercial chronique (-437Mds€/- 540Mds USD contre 558Mds USD en 2011 et -357Mds€ en 2010) ne bénéficiant ni d’une monnaie internationale dont le change est constamment ajusté par des politiques de prophylaxie monétaire (Quantitative Easings), ni de bailleurs de fonds tels que la Chine en contrepartie d’importation massive de produits à bas prix (230Mds€ de déficit  commercial en 2009, 273Mds€ en 2012 !), ni a fortiori de sa position de gendarme du monde.

Une baisse du coût direct ou indirect du travail aura donc le triple effet d’une reconstitution des marges des entreprises, d’une baisse des recettes fiscales et in fine d’une augmentation de la dette celle-ci n’étant maîtrisée ni à court ni à moyen terme tant la dimension anxiogène de la baisse de la dépense publique et des nécessaires transferts budgétaires vers l’UE (MES, Plan de sauvetages, libéralisation sauvage intra-européenne) n’est comprise. 

Le dernier point reste en effet la politique absurde de la BCE dont le bilan poursuit sa dégradation d’une part par la mise en collatéral d’actifs douteux des banques et d’autre part par le refinancement bon marché de ces dernières non pas pour relancer le crédit à une économie en récession mais pour palier à des comptes détériorés par un trading nocif de spéculation.  Le double mouvement de refinancement et d’une mise en dépôt des banques dans les comptes de la BCE permet ainsi à Draghi de contrôler une masse monétaire prise entre une hausse des prix par les coûts (cours du Brent sur une tendance longue, spéculations sur les matières premières) et le recul du PIB. En dépit d’une politique à vue en dehors de toute légalité, la Banque Centrale a vu son bilan doubler depuis 2007 pour atteindre 32% du PIB de l’Euro-zone au risque de provoquer une défiance des investisseurs sur  l’Euro et à terme l’hyperinflation.

La création monétaire est donc active mais non compensée par une destruction corrélative, les dettes tant des banques que des entreprises ou des Etats n’étant pas remboursées: seule une augmentation du taux directeur de la BCE motivée par une stagflation (inflation par les coûts et récession)  pourra rétablir la confiance dans l’Euro et attirer les bailleurs étrangers, la question des perspectives économiques se reposant.   

Le risque d’hyperinflation est-il pour autant réel à court terme ? Il le sera si le PIB de l’Euro-zone accentue sa baisse autrement dit si la balance commerciale de l’Allemagne se dégrade sur les marchés émergents. Aidée par des produits à forte valeur ajoutée et présente tant dans la sphère économique russe qu’en Chine ou en Amérique Latine, l’Allemagne restera performante qu’elle reste ou sorte de la zone euro.
          
    


lundi 11 février 2013



Pourquoi la vacillation est devenue l'état de normalité du monde?

Réponses en quelques points:


1) La monnaie n'a de valeur que relative étant fonction des transactions de biens ou de services: la masse monétaire est la contrepartie d'une somme d'échanges autrement dit d'un PIB (si tant est que ce dernier soit encore opérant sur le plan comptable!). La spéculation voire la création monétaire sans croissance commerciale n'ont donc économiquement pas de sens: dans un cas, une économie est attaquée sur son taux de change minant in fine la confiance dans celle-ci, dans l'autre, la monnaie se déprécie avec un risque d'hyperinflation.  

2) En Europe depuis la crise des sub-primes et contre toute attente (tant sur le plan légal qu'économique), la BCE joue le même jeu que la FED: initié par Trichet et poursuivi par Draghi, le taux de refinancement reste quasi-nul alors même qu'une inflation par les coûts (résultant tant de la rareté que de la spéculation) et par la demande (politique de préts bancaires facilitée depuis la crise internet de 2001) a cours (2,5% en France dont 11% pour les fruits et légumes depuis 2011; aprox. 4,5% dans l'Eurozone). Quand les prix augmentent dans une économie stagnante, la masse monétaire doit être maîtrisée afin d'éviter tout risque de dépréciation (en l'occurrence une perte de valeur de l'Euro).

3) Sur la demande des banques européennes, le taux de refinancement de la BCE a été maintenu bas pour les raisons suivantes:

- Face à des bilans détériorés (immobiliers, sub-primes, produits dérivés toxiques), les banques ont besoin de liquidités entre elles d'une part et pour le fonctionnement de leurs activités de trading d'autre part.

- Les Etats membres affectés par la nécessité de sauvetage de leurs systèmes bancaires et par voie de conséquence par l'explosion des faillites d'entreprises, elles-mêmes un effet collatéral du gel des crédits (baisse des rentrées fiscales, augmentation des dépenses publiques pour le traitement social du chômage) ont dû faire pression sur la BCE pour le développement sans le dire d'un QE européen.

- Le refinancement s'est fait progressivement par d'une part l'augmentation de la contribution des Etats membres à l'Eurozone via le FESF et le MES et par d'autre part l'augmentation des dépôts des banques à la BCE: l'actif de celle-ci tout en se gonflant se détériore par la reprise de créances toxiques dont l'évaluation reste dépendante de la reprise impossible de l'économie!

- Au final, le système bancaire de l'Eurozone est stabilisé (à l'instar de celui américain) avec pour résultantes premièrement le gel des crédits auprès des entreprises et des particuliers (le refinancement stabilise mais n'efface pas un montant d'actifs toxiques d'un multiple inconnu du PIB européen!) et deuxièmement  une reprise de la spéculation tant sur la dette souveraine que sur les matières premières et autres "commodities". 

- On peut affirmer en l'état que les taux d'intérêts ont augmenté non pas facialement mais en valeur réelle, l'accès au crédit étant devenu extrêmement difficile (conséquences sur l'économie marchande et l'immobilier). 

3) La neutralisation de la création monétaire étant hypothétique doublée d'une récession due fondamentalement à la déflation salariale à l'échelle mondiale et au maintien de rendements financiers élevés, le risque d'hyperinflation dans l'Eurozone est grand sauf: 

- à remonter les taux d'intérêt de la BCE rétablissant le rapport monnaie-PIB mais accentuant les chutes de l'immobilier et de l'économie réelle (faillites, désindustrialisation);

- à accentuer des pare-feux artificiels de type institutionnel (MES, fédéralisme, politiques d'austérités, bailouts) de manière à maintenir la confiance des investisseurs (les banques) dans l'Euro.

- à éviter tout défaut tant public que privé (renflouement de banques, "socialisation des pertes") et a fortiori à conforter les places financières que le seul avenir pour le monde passe par elles!!

4) Anticipation:

- Une stagflation/récession reste envisageable pour les Etats: revenir à des politiques économiquement saines (remontée des taux d'intérêts, neutralisation de la finance, intervention  publique, retour à une monnaie composite,etc) reste trop coûteux électoralement (pertes des soutiens financiers aux politiques);

- Renforcement du fédéralisme et perte de souveraineté vont devenir des garanties de maintien au pouvoir des partis de gouvernement: la déresponsabilisation devient un moyen de se maintenir en place.

- Accentuation du contrôle des médias sur les opinions dans le sens du fédéralisme: attaque des idées de nation, de souveraineté et de frontière, montée du communautarisme (l'Islam en France, droit de vote des étrangers) et dans le sens du marché ("le marché peut tout", vente de biens publics, notion d'assistance, flexisécurité, etc).

- Diversion des Etats (instrumentalisation de l'islamisme, projets sociétaux de type "mariage pour tous",etc).

5) Anticipation en terme de facteurs:

- Chômage et pauvreté grandissants
- Immobiliers poursuivant sa baisse; loyers en augmentation, statut quo (voire agitation) sur le logement; pas d'augmentation des APL, des prêts à taux zéros,etc).
- augmentation de la violence urbaine et émeutes (sociales, raciales)
- développement de la privatisation de la sécurité.
- désenchantement de la population sur les partis de gouvernements (PS; UMP)
-  Risques de dissolution de l'AN par Hollande, risques de démissions multiples
-  Risques de confrontations sociales dures et perte de légitimation du PS. 




lundi 10 décembre 2012


Conférence donnée par Aymeric Chauprade à Funglode, Saint Domingue, le 27 novembre 2012: http://www.realpolitik.tv/2012/11/aymeric-chauprade-ou-vont-la-syrie-et-le-moyen-orient/

conférence majeure en terme de compréhension du Moyen-Orient et du conflit syrien pouvant se résumer en quelques points:


1) Le peak-oil n'existe pas! Forage en eaux profondes et extractions schistiques renouvelleront la géo-politique de ces vingt prochaines années entraînant da facto un renchérissement du pétrole (contre-coûts écologiques dévastateurs) . Même constat pour le gaz.

Pétrole:

- Dès 2020 autosuffisance des USA; 
- Venezuela, Brésil et Russie vont voir leur puissance se consolider, Golfe dont l'Arabie Saoudite et l'Iran resteront  des puissances incontournables;
- Gisements importants dans le Bassin du Levant (large des côtes libanaises, syriennes et israéliennes) et dans le Bassin Egéen (Grèce).

Gaz:

- Plus grosses réserves gazières: Russie;
- énormes gisements découverts en Israél (autosuffisance à terme);
- importants gisements en Grèce.


2) Stratégie US: affaiblir la Russie en abaissant vis à vis de cette dernière la dépendance de l'Europe (et de l'ensemble du monde émergent) en pétrole et gaz par notamment le Pipeline/gazoduc Nabucco dont l'enjeu est le passage par la Syrie et l'accès à la mer.

Nabucco:



South Stream (Russe):


North Stream (Russe)



3) Soutien de facto (aidé par la France et la GB + la Turquie de l'AKP, l'Arabie Saoudite et  le Qatar) des forces politiques sunnites (à savoir les Frères musulmans, les salafistes voire Al Qaida) en Tunisie, Egypte, Syrie, Gaza contre la minorité alaouite baathiste syrienne au pouvoir soutenu par la Russie, l'Iran, l'Irak chiite (dont l'enclave kurde).


4) Le jeu d'Israél de plus en plus isolée pouvant trouver allié en la Russie, l'Iran nucléarisée, l'Irak voire la Syrie.


5) Déclin du soutien à Israél dans le monde occidental (USA, France notamment).

mercredi 31 octobre 2012

jeudi 25 octobre 2012



Excellente prestation de Frédéric Lordon cet été sur la critique du "politically correct" économique en cours.

mardi 9 octobre 2012


Caractéristiques de la crise depuis 2008: déflation mondiale depuis 2007 (décroissance) et inflation mondiale par les coûts (peak-oil et QEs):


Mise en perspective des dix années à venir si rien ne change (cf http://lagrandechutedelimmobilier.blogspot.fr/).

1) Recherche de marges commerciales autour de 15% et retour sur investissement en moins de 2 ans: l'économie financière via la spéculation en structurés, assurances (CDS), hedge funds, monnaies.

2 Nécessaire déconnection à l'économie réelle (pression cpdt à la baisse des salaires directs et indirects), déréglementation mondialisée et garantie du système financier par les Etats de par sa dangerosité.

3) Attaque par les banques, fonds, assurances des Etats les obligeant à se "réformer": à savoir baisser les dépenses publiques, privatiser, augmenter les recettes fiscales sur les non-détenteurs du capital, baisser la pression fiscale sur les détenteurs du capital!

Pressions sur les Etats traditionnellement endettés avec possibles mises sous tutelle; non éclatement de la zone Euro via eurobligations/ou recours à des outils de type MES/FESF pour émission de nouveaux emprunts.

4) Politique monétaire de type QE aux USA et dans l'UE de manière à apporter la matière première à la spéculation à savoir des liquidités! Contrepartie: échec des QE sur toute relance de l'économie réelle qui en est privée.

Focus USA: récession économique et augmentation concommittante de la taille de la bulle financière; Recherche de la consolidation de l'USD via l'attaque de l'Euro (soit le rôle croissant du FMI pour imposer l'austérité dans l'UE et une dislocation de la zone Euro+ attaques spéculatives sur l'Euro) aidée aussi par les multinationales américaines installées en Europe et pouvant se relocaliser dans les émergents+ l'impossibilité de mettre un QE européen autrement qu'en empruntant sur les marchés (autrement dit en se mettant sous la coupe des institutions financières anglosaxonnes) + l'impossibilité de mettre en place un réel transfert budgétaire entre Etats excédentaires (L'Allemagne) et les autres autrement que par des euroobligations qui auront pour conséquence toujours plus d'emprise des marchés.


Pop active (BLS): approx 150M; taux de chômage à sept 2012 de 7,8% (BLS) et à 9,5% à oct 2012 (14,7M de chômeurs) + 8,6% de temps partiel forcé soit 18,1% pop active ou 27,15 millions de précaires!! 

Guerre possible dans la zone Iran-Irak avec une stratégie de réarmement mondial des USA + une diplomatie tendant à se rapprocher de la Russie et de la Chine.

Focus Eurozone: maintien technocratique et financiarisé de la zone Euro; austérité généralisée par absence de véritable relance vers et par les Etats reposant aussi sur une mutualisation des excédents budgétaires; dislocation de l'Eurozone avec un maintien de l'Euro arrimé sur l'USD.


Par ailleurs et c'est inexorable!, le maintien de la valeur de l'Euro oblige, principalement par idéologie, à maintenir des taux de refinancement relativement élevés (politique de Trichet) ou à augmenter les réserves obligatoires à la BCE des banques centrales voire les comptes de dépôts des banques emprunteuses (Draghi et sa fameuse neutralisation!): on se retrouve ainsi avec une politique hallucinatoire offrant soit d'assécher la liquidité du système bancaire, lui-même vicié par des milliards d'actifs zombis soit de provoquer une chute de l'Euro et une hyperinflation (faute de détenir à l'instar du dollar un statut international). Last but not least l'USD est et sera structurellement faible contribuant à un Euro surévalué dans les exportations!

En réalité la politique de la BCE tient en un mot: neutralisation!, et en un programme de rachat OMT (Outright Monetary Transactions). Bref les créances douteuses à 3 ans max seront rachetées directement et sécurisées par des dépôt équivalents en créances saines par la banque emprunteuse. Autrement dit cela ne sert à pas grande chose si ce n'est à injecter du cash à très court terme mais à affaiblir le système bancaire déjà en profonde crise de confiance. 

C'est la conséquence de la politique de Draghi lui seul en partie à l'origine de cet effondrement. N'ayant pas voulu mener une politique "saine" de remontée des taux de refinancement de peur d'effrayer les marchés financiers (monétaires et obligataires), il a préféré faire une politique de taux quasi nuls à la Bernanke en oubliant (à moitié!) que l'Euro  n'EST pas une monnaie internationale! Résultat il est contraint, de peur d'exploser la masse monétaire et de créer une hyperinflation, d'obliger les banques à redéposer une partie de leurs liquidités dans les comptes de la BCE (ce qui n'a pas empêcher le doublement de son bilan!) et maintenant de sytématiser ce retour par la neutralisation des OMT.  

Quelques chiffres en 2012: PIB zone Euro de 9400Mds€ contre 15000 Mds pour les USA; Bilan BCE de 32% du PIB soit 3000Mds€ contre 20% pour la FED (soit approx.3000Mds USD): endettement eurozone approx .8200 Msd€ de dettes publiques  (cf Eurostats http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23042012-AP/FR/2-23042012-AP-FR.PDF)  contre plus de 100% PIB pour les USA.


170 M d'actifs  en 2012 contre 190M en 2010 soit une réduction de 20 Millions en deux ans!!! Le taux de chômage est de 11,3% (Eurostat 07/2012) soit 19,21M de chômeurs dont 3,4 M de moins de 25 ans. Si on prend l'UE, le chômage touche 25 M d'actifs! 


Comparatif FED-BCE


- Le Trésor US est une personne morale dotée de prérogatives de puissance publique et a la capacité de procéder à des dépenses et à collecter l'impôt (recettes) à l'échelle fédérale. Aucune institution de cette sorte n'existe dans l'Eurozone, la collecte de l'impôt comme les dépenses publiques étant dévolues à chaque Etat -membre (avec un encadrement par des pactes de stabilité et les traités constitutifs pour les dépenses publiques uniquement).

- Le Trésor US peut émettre des obligations (Bonds) à savoir emprunter à la FED mais aussi aux banques privés, aux investisseurs privés et publiques nationaux et étrangers. Les Etats membres de l'Eurozone ne peuvent emprunter auprès de la BCE (d'où le projet des eurobligations) mais seulement auprès des banques et des investisseurs privés. La BCE prête en conséquence aux banques qui pourront prêter aux Etats membres. FESF et MES sont des succédanés pour pouvoir emprunter plus facilement auprès des banques avec une garantie étatique dans un cas et un apport en capital des Etats dans l'autre.

- Le trésor US finance directement les Etats fédérés en déficit. La FED finance directement les banques. Les Trésors nationaux financent leur propre Etat et la BCE finance l'ensemble des banques de l'Eurozone.

- 3000Mds USD (20%PIB) financent aux USA tant le système financier que les infrastructures. Dans l'Eurozone, 3000Mds€ (32% du PIB) financent uniquement le système financier!

Conseil Européen 29/06/2012: possibilité pour le FESF et le MES de prêter directement aux Etats membres ainsi qu'aux banques. Autrement dit création de facto de bad banks sans création d'un Trésor européen à savoir une collecte des recettes fiscales et leur redistribution.


Focus France:


- Chute des crédits immobiliers de près de 34% (source BF) en 12 mois correspondant à une augmentation des taux réels de 30%: à savoir que les conditions d'obtentions de crédit impliquent aujourd'hui jusqu'à 40% d'apport!!!! voir le livre "la grande chute de l'immobilier"

- Recettes fiscales d'approx 336 Mds€ (2011) alimentées par un PIB fin 2011 de 2200Mds€ soit 15% de ce dernier. PIB (ensemble des résultats agents économiques privés et publics) limité dans sa croissance par un déficit commercial de 55Mds€ (approx) pesant en retour sur les recettes fiscales! Une croissance du PIB de 100Mds€ correspond à un taux de 4,5%!

- Dépenses publiques de l'Etat de 450Mds€ (incluant les divers organismes de l'Adminstration centrale ODAC) affectées au fonctionnement et à l'investissement de l'Etat d'une part (auquels doivent se rajouter les dépenses des admnistrations locales et sociales soit approx 720Mds€) et au remboursement de la dette publique (intérêts et capital); au total: 1227Mds€ en 2011 soit 55%PIB! Ce qui prouve aussi la présentation mensongère de la dépense et du ratio déficit/PIB!

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/ressources/PLF2012/rapport_depense_2012.pdf


- Déficit public (recettes - dépenses stricto sensu avec ODAC): 120 Mds€ (approx)/an soit 5,2% PIB financé par la dette publique via des obligations du trésor à différentes maturités (en général à 10 ans). En réalité près de 900Mds€ sont financés par an par la dette publique!

- Dette publique cumulée de 1700 Mds€ contractée par l'Etat français (Trésor) auprès des marchés financiers (banques françaises et étrangères) à un taux fixé en fonction du risque- pays à savoir sa solvabilité.

Problématique:

- Comment diminuer le déficit public à 3%PIB à savoir approx. 65Mds€ ?

- soit réduire la dépense publique de 50Mds€, effort renouvelé chaque année risquant d'entrainer des effets sur le PIB (baisse de la consommation) donc sur les recettes fiscales.

- soit augmenter les recettes fiscales avec également un effet récessif sur le PIB sauf à diminuer le déficit commercial et donc d'augmenter la croissance (minimum de 2,5%!) avec toujours la difficulté de l'impossibilité de dévaluer! Ou d'augmenter le revenu disponible ce qui va à l'encontre de l'évolution des salaires baissant depuis 2009 (approx 1000€ net par personne), du chômage de masse (approx 5M) et de la pauvreté (approx 10M).

- Il restera toujours à financer 65Mds€ par an soit dans 4 ans une dette de 100% du PIB!!

Logique financière mortifère traduisant une profonde dépendance de l'Etat aux banques et visant à son renflouement dont le but ultime est d'assurer une assurance de celles-ci au dépend du peuple.Il n'y a en effet aucune légitimité à réduire les déficits en dehors d'une bonne cotation sur les marchés; aucune légitimité parce que:

- un déficit est fondamentalement une valeur relative: il sera vertueux un jour, il sera néfaste un autre;

- Les taux d'intérêts sont en réalité fonction non pas du risque pays mais d'une entente  spéculative entre prêteurs;

- Le déficit peut être vertueux si il est créateur d'investissements productifs d'emplois rémunérés.

- La dette publique est en réalité appréciée en fonction de la stature géo-politique et géo-économique de l'Etat: plus l'Etat est faible, plus la pression au remboursement sera forte!

- La réduction du déficit publique ne résout pas le problème de la stratégie industrielle de la France (les fameux facteurs de croissance de M Attali!);

- Le problème fondamental est lié aux finances des banques à savoir leur insolvabilité.

Conclusion: une politique d'austérité n'aura aucun effet hormis la possibilité pour les banques de mieux se garantir face aux prochains soubresauts des bourses!

Mesures Gvt Ayrault 2012: objectif de réduction du déficit à 4,5% PIB soit 23Mds€!

7,5Mds€ de recettes fiscales soit 343Mds€ dont quelques mesures affectant les classes moyennes (exonération des heures sup.; suppression/diminution abattements successions; augmentations cotisatrions salariales);

- donc une croissance du PIB de 15,5Mds€ soit un taux de 0,7% qui reste cependant d'être illusoire au regard d'une remontée fiscales avant toute croissance!! Les recettes n'entraineront aucune croissance (les fonctionnaires représentent 20% pop.active!) et dans tous les cas (ce qui est le but!) ne baisseront pas le chômage ni la pauvreté.

5) Recherche en parallèle d'une extension de la dérégulation financière via G8/G20, USA-Asie, UE (structures fédéralistes de type BEI, BCE,etc).

- Poursuite du fédéralisme de la zone Euro s'inscrivant dans une recherche d'abandon des souverainetés nationales de manière à unifier les politiques commerciales et fiscales, à unifier à minima les politiques publiques et les règles de droit du travail, celles-ci visant à englober des compétences multiples pour des salaires réduits (seule une concurrence entre les peuples de l'UE le peut; abandon du smic; abandon progressif par privatisation des secteurs monopolistiques cf SNCF;  extension des politiques d'immigration des zones africaines, asiatiques et indiennes. Politiques attractives de type droit de vote des étrangers, droit du travail et social facilités en ce sens.

- Développement d'une technocratie avancée dans la zone UE/Eurozone/FMI via think-tank, écoles,etc

- Focus politique France: fin du clivage UMP/PS rassemblé (et recentré) dans une politique d'union nationale/fédéraliste/libérale; positionnement droitier d'un mouvement souverainiste libéral émanant du FN/DLR; positionnement à gauche du Front de Gauche sur une ligne anti-libérale et internationaliste.

6) Ralentissement de l'économie réelle comme conséquence du boom financier et de l'accès restreint aux prêts par les entreprises (essentiellement les PME); ralentissement in fine des émergents et blocages à toute démocratisation dans ces pays; rattrapage impossible des émergents quant à leur marché intérieur.

7) Prix des matières premières baissiers à CT mais haussiers à LT (principalement pétrole et gaz démographie aidant!).

8) Stabilisation du cours de l'or (haussier à CT).

9) Conséquences sociales:

- Pays à structures différentialistes mieux armés dans la gestion des risques liés à la paupérisation des peuples (USA, UK, Brésil notamment).Pays intégrationnistes de type France ou Israël: risques sociaux d'éclatement; accentuation des mesures de police. Montée globale en Europe de la colère des peuples (cf GEAB) prenant la forme de partis extrêmistes (cf Aube Dorée), attentats, grêves, manifestations continues de type "will occupy". Affaiblissement démocratique, risques de recours à des procédures de type article 16. 

- Pays non-démocratiques: durcissement policier (Russie, Chine); fondamentalisme exacerbé dans les zones musulmanes avec de possibles guerres civiles ou interétatiques.

- Montée de l'antisémitisme en Europe, Amérique du Nord, zones de populations musulmanes par deux facteurs: amalgame institutions financières et judaïsme (préjugés tels que l'avidité, l'usure, le complot) et le conflit israelo-palestinien via la recrudescence de l'islamisme terroriste, la montée en puissance des Etats pétroliers islamistes (Iran, Egypte, Lybie, Qatar) au dépends des monarchies pro-occidentales.

10) Conséquences écologiques:

- Ressources eau/pétrole/terres rares s'affaiblissant. Contradiction toujours plus aigue avec les impératifs de croissance.

- Pas de politiques démographiques (car pas de politiques sociales) dc pressions sur les ressources alimentaires.

- Déforestations, espèces animales en voie d'extinction.

- Guerres croissantes pour des prises de positions énergétiques