mardi 17 mars 2015

Grèce : Grexit or not Grexit ?


Le 20 février 2015 la réunion de l’Euro-groupe avec le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a validé les propositions du parti Syriza, plan ayant pour objectif en quatre mois de trouver une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre de mesures visant au remboursement/réduction de la dette, flexibilité principalement obtenue sur le budget primaire (excédent moins déficit public hors paiement annuel de la dette). Excepté le fait que le gouvernement Samaras avait l’intention de soumettre un plan équivalent à Bruxelles, ces quatre mois se solderont, sauf renouvellement, soit par une renégociation du terme de la dette et son rééchelonnement soit par un défaut et son annulation pure et simple.

Nous sommes en effet dès le départ dans le trucage des comptes. En 2013 le déficit public était de 12,2% du PIB pour se réduire en 2014 à 2,5% du PIB!, tour de passe-passe accompli par le gouvernement en délestant du budget les charges des institutions financières, en clair les intérêts et le capital de la dette.

Quelques chiffres méritent à ce point d’être rappelés: le PIB en 2014 était de 192 Mds€ (après avoir baissé de plus de 20% depuis 2008) pour une dette de 176% de ce même PIB (337Mds€) autrement dit une augmentation de 73% en 10 ans contre des recettes fiscales légèrement positives de 18% et d’une réduction des dépenses publiques de 13% sur la même période.

Admettons donc qu’il y ait eu un excédent public de 0,8% du PIB (1,5Mds€) en 2013 et 2014, excédent  correspondant à une balance commerciale (biens et services) positive de 3,12Mds USD en 2014 (après toutefois une baisse drastique des importations, la balance des paiements étant négative de - 2% - source OCDE), il reste qu’il faille toujours rembourser aux créanciers près de 25Mds€ par an.

Pour être plus précis, en contenant un déficit public à 4,5% du PIB (8,64Mds€), il faudrait à peu près 40 ans à la Grèce pour rembourser intégralement la dette ce qui reste bien entendu une hypothèse d’école ;   quand bien même le gouvernent réussirait à la réduire à 60% du PIB (115Mds€), il resterait encore 222 Mds€ à rembourser soit plus de 25 ans de paiement en consacrant l’intégralité du déficit à cette charge procédant d’une rigueur budgétaire qu’aucun Etat de l’Euro-zone n’est capable de suivre. 

Pour qu’il y ait une reprise, il faut une augmentation des revenus du travail et une baisse in fine du chômage. Or comment en serait-il possible avec un taux de chômage de 26,6% en 2014 et une baisse depuis 2009 de 14,29% des coûts salariaux unitaires réels?

Pour rappel, le coût salarial unitaire réel est le rapport entre les salaires réels (salaires moins l’indexation de ceux-ci sur les prix) et la productivité. Le fléchissement de ce ratio signifie simplement que les salaires ont baissé drastiquement dans le seul but de maintenir des gains de productivité constants, gains qui se sont par ailleurs réduits par rapport à des Etats comme l’Allemagne (écart avec ce dernier de 30% entre 2009 et 2011), autrement dit la Grèce a suivi une tendance globale dans l’Euro-zone de baisse du salaire réel reflétée par plus de quarante ans de déflation salariale dans l’OCDE...

Un des moyens déclencheurs d’une rehausse du salaire réel serait bien évidemment une relance claire et franche du commerce extérieur grec par un retour à la drachme, la monnaie européenne étant actuellement surévaluée de 16% (malgré sa baisse récente!) d’autant plus que la Grèce est tournée à 65%-70% vers le commerce intra-zone et suppose aussi les sorties conjointes des autres Etats-membres. Quoiqu’il en soit, même une sortie individuelle serait un accélérateur (1€ est égal à 340 drachmes pour mémoire!) d’une économie  dont la demande de consommation est actuellement en déflation de -2,60% en 2014 après une baisse continue depuis 2010 de plus de 50%. Tant l’investissement que l’épargne (les deux en chute libre de respectivement 59% entre 2007-2013 et 68% entre 2003 et 2011) en seraient relancés.  

A l’instar de la France, la procédure pour sortir de l’Euro-zone suivrait le timing suivant induisant des délais de 48 heures à une semaine maximum:

- Contrôle des capitaux;

- Rachat des dettes publiques sur les marchés par la banque centrale grecque;

- Mise sous tutelle du système bancaire;

- Soutien des entreprises endettées en devise(s) étrangère(s);

- Mise en place d’un fonds souverain stratégique pour une relance des principaux secteurs de l’économie;

- Vente d’actifs étrangers et relance monétaire mesurée afin de soutenir les salaires directs et indirects.

Il est donc tout à fait possible de sortir de l’Euro au-delà même des débats autour du point de savoir si une sortie de l’Euro-zone implique ou non celle automatique de l’Union Européenne; nous en sommes cependant pas moins très loin de la position officielle de Syriza qui n’a, à aucun moment, parlé d’un éventuel « Grexit ». Créé il y a plus d’un an, Syriza n’est pas un parti uniforme et se compose de trois courants politiques dont le plus important est celui de la gauche modérée (ayant son équivalent français dans la gauche du PS, les « frondeurs » en quelque sorte), les deux autres se situant par une même analogie à ce qu’est devenu le PCF (parti de gouvernement du PS) et au Front de Gauche pour la partie la plus radicale.

Syriza affirme avoir le mandat du peuple pour négocier avec la Troïka sans quitter la zone euro ce qui nous semble déjà compromis poussant dès lors les plus radicaux à demander un retour à la drachme, solution en rupture avec la position d’Alexis Tsipras et de son ministre des finances Yanis Varoufakis. Si pour autant, une solution n’est toujours pas trouvé d’ici juin, de nouvelles élections et un référendum devront être organisés pour obtenir la légitimité populaire à une sortie et à la rupture diplomatique avec Bruxelles. A défaut d’un retour aux urnes, l’austérité sera remise de plus belle par la Troïka, Syriza implosant et laissant très probablement la place à des partis plus radicaux en l’occurrence les néo-nazis d’Aube Dorée. Si tel est le but, Bruxelles en portera la responsabilité indéniable.

Sources:



2 commentaires:

  1. À un moment ou un autre , chaque homme, femme ou enfant seront confrontés à la question de rachat de Dette . Même se il a été reconnu qu'il a un rôle important à jouer dans le développement de l'homme , de rachat Dette ne est pas donné crédit si mérite d'inspirer un grand nombre des mondes de peintres célèbres . Il a toujours le pouvoir de choquer les socialistes , qui vient ne aiment pas ce genre de chose . En gardant tout cela à l'esprit , dans cet essai, je vais examiner les grandes questions .

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  2. please feel free to write in english instead of using a translator. It will be better for our mutual understanding.

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